Pour la quatrièeme saison consécutive l’Africa évolue en ligue 2. Ce maintien prolongé dans l’antichambre de l’élite suscite de plus en plus de remous dans le camp vert et rouge. Mais au-delà du résultat sportif, c’est la léthargie dans la construction du club qui inquiète le plus.

Aussi, la récente décision du président sortant de l’Africa, Kuyo Narcisse, de ne pas se représenter à sa propre succession et le flou constaté dans le processus électoral ont relancé la bataille des ‘frères’ pour le contrôle du club rival de l’Asec Mimosas.

Dans cette interview accordée par M. Deigna Jean Michel, Président de l’Africa Futur à ses services dont la rédaction de Sportzone en a reçu copie, le candidat déclaré aux éléctions de 2021 dénonce les dérives et basses manœuvres de Kuyo Narcisse, le président sortant.

ENTRETIEN

Deigna Jean Michel, Président de l’association Africa Futur.
(Crédit: Africa Futur)

Q1 : Quelle est la principale crise que traverse l’Africa Sports aujourd’hui ?

 

JMD :

Le club fait face à une dérive institutionnelle majeure. Depuis quatre ans, le président actuel a concentré le pouvoir entre ses mains, en bloquant l’élection du Contrôleur Général, pourtant prévu par les statuts. Ce contre-pouvoir est vital pour garantir la transparence et la légitimité des décisions. Sans lui, le Bureau Exécutif fonctionne sans contrôle et sans équilibre.

 

Q2 : Comment qualifier le processus électoral actuel ?

 

JMD :

Le “nouveau processus électoral” est verrouillé dès l’origine.

 

  • Le corps électoral est secret ;
  • La liste des membres statutaires, censée être publique, n’est connue que du président ;
  • Les conditions de parrainage (50 membres) sont matériellement impossibles à remplir, car le nombre réel de membres statutaires est inférieur à 100.

 

C’est un scrutin conçu pour maintenir le pouvoir en place et empêcher toute opposition réelle.

La coalition pour la sauvegarde de l’Africa Sports, initiée par Jean Michel Deigna, Babou Eric, Assemien Kassim et Koné Cheick.
(Crédit: Africa Futur)

Q3 : Pourquoi parle-t-on d’un système de nominations arbitraires ?

 

JMD :

Pour être candidat, il faut avoir été membre d’une instance du club depuis au moins deux ans. Or, toutes ces instances sont nommées par le président sortant.

Autrement dit, nul ne peut se présenter sans son accord. Ce n’est pas une règle d’éligibilité, c’est une clause d’allégeance.

 

Q4 : Que propose AFRICA FUTUR pour sortir de cette crise ?

 

JMD :

Nous devons restaurer le fonctionnement normal des institutions du club :

  • Élections transparentes du Contrôleur Général et du président ;
  • Publication régulière de la liste des membres statutaires ;
  • Égalité d’accès aux instances et aux nominations.

 

Le combat d’AFRICA FUTUR n’est pas contre une personne, mais contre un système.

 

Q5 : Comment les supporters et membres peuvent-ils s’engager ?

 

JMD :

Nous invitons tous ceux qui aiment l’Africa Sports à :

  • S’informer et comprendre les règles statutaires ;
  • Participer aux discussions et initiatives de transparence ;
  • Soutenir le processus de redressement et d’ouverture porté par AFRICA FUTUR.

 

Q6 : AFRICA FUTUR craint-il des représailles du président actuel ?

 

JMD :

Nous savons que la peur est un outil utilisé par le pouvoir en place.

Mais notre combat repose sur la vérité, le droit et la mobilisation collective. La seule crainte que nous ayons, c’est de ne pas réussir à sauver le club.

 

Q7 : Quel est l’objectif ultime d’AFRICA FUTUR pour l’Africa Sports ?

 

JMD :

Redonner au club sa légitimité, sa transparence et son unité pour une remontée en Ligue 1.

Rendre la parole à ceux qui ont été réduits au silence.

Faire de l’Africa Sports un club où les décisions ne dépendent plus d’un seul homme, mais de l’ensemble de sa famille sportive.

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