La nouvelle phase de groupes des compétitions interclubs africaines confirme une tendance lourde. Ça saute aux yeux bien évidemment. Le déclin relatif des clubs d’Afrique de l’Ouest et du Centre, face à la montée en puissance des formations venues d’Afrique australe et orientale.

Le public sportif tanzanien répond toujours présent même en championnat.

Parmi les qualifiés, on retrouve des noms bien connus. Il s’agit du Zamalek SC et Al Masry (Égypte), Wydad AC et Olympique de Safi (Maroc), USM Alger et CR Belouizdad (Algérie), Kaizer Chiefs et Stellenbosch FC (Afrique du Sud), ou encore ZESCO United (Zambie). Mais derrière cette liste prestigieuse se cache une réalité préoccupante : l’Afrique de l’Ouest et du Centre perd de plus en plus de terrain.

 

Un désert pour les géants de l’Ouest

Le FC San Pedro, unique club ivoirien encore en lice dans les compétitions interclubs de la CAF.
(Crédit: FC San Pedro)

Seuls Djoliba AC (Mali) et le FC San Pedro (Côte d’Ivoire) sauvent l’honneur de toute une région historiquement dominante. Le Sénégal, le Ghana, le Togo, le Bénin ou encore le Burkina Faso n’ont réussi à placer aucun représentant en phase de groupes cette saison. Un constat alarmant pour le Cameroun, nation au riche passé footballistique en club dans les années 1970 et 1980.

 

Certes, quelques clubs d’Afrique centrale, à l’image de Maniema Union (RDC) ou AS Otohô (Congo-Brazzaville), ont su tirer leur épingle du jeu, mais ils demeurent des exceptions dans un paysage régional en perte de compétitivité.

 

La Tanzanie, nouvel eldorado du football africain

Les clubs Tanzaniens ont le vent en poupe.

Pendant ce temps, la Tanzanie affiche une santé éclatante. Quatre représentants sur quatre qualifiés en phase de groupes, c’est un fait inédit. Azam FC et Singida Black Stars incarnent la réussite d’un modèle économique structuré, porté par une politique d’investissement soutenue et une meilleure organisation domestique.

 

Cette performance confirme la transformation du championnat tanzanien, devenu un exemple de professionnalisation et de stabilité financière au sud du Sahara. En Afrique de l’Est et australe, cette dynamique est contagieuse. Des clubs comme les Kaizer Chiefs et Stellenbosch FC illustrent aujourd’hui la vitalité du football sud-africain.

 

Un modèle à repenser

 

La leçon est désormais claire. Les clubs d’Afrique de l’Ouest et du Centre doivent revoir leur modèle économique et structurel. Le manque d’infrastructures, de stabilité administrative et de financement durable freine leur développement. Sans une réforme profonde, ces régions risquent de voir leurs représentants disparaître durablement des grandes scènes continentales.

 

L’Afrique du football se redessine, et la carte des puissances change. Désormais, le cœur battant du ballon rond africain se déplace vers l’Est et le Sud, là où économie, gestion et ambition marchent main dans la main.

Hugues Zinsou Zounon

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