À trois semaines du coup d’envoi de la CAN 2025 au Maroc, une décision de la FIFA fait exploser la colère sur le continent. Par une circulaire datée du 3 décembre 2025, l’instance mondiale du football a informé les fédérations africaines qu’elle réduisait exceptionnellement la période obligatoire de mise à disposition des joueurs évoluant en club. Au lieu du 7 décembre initialement prévu, les internationaux africains ne pourront rejoindre leur sélection qu’à partir du 15 décembre, soit seulement six jours avant le début du tournoi, qui démarre le 21 décembre.
Wilfried Zaha, le sociétaire de Charlotte FC pourrait être au vu de la situation des Pros évoluant en Europe, une solution de rechange pour le sélectionneur national Emerse Faé de la Côte d’Ivoire. Crédit: Dustin Satloff/Getty images
Cette décision est présentée par la FIFA comme une mesure “exceptionnelle”, alignée sur le principe appliqué lors de la Coupe du Monde 2022, et destinée à “réduire l’impact sur les clubs”, notamment européens. Mais pour les équipes nationales africaines, souvent largement composées de joueurs évoluant hors du continent, la pilule ne passe pas.
Une décision qui fragilise la préparation des nations africaines
Avec seulement quelques jours d’entraînement réel avant la compétition, les sélectionneurs se retrouvent dans une situation inédite, voire intenable. Au micro de RFI, le sélectionneur du Bénin, Gernot Rohr, n’a pu cacher son indignation :
Gernot Rohr, le sélectionneur des Guépards du Bénin est très remonté après la FIFA. (Photo d’archive)
“Je suis offusqué. Un tournoi d’une telle importance ne peut se préparer en si peu de jours. C’est un manque de respect par rapport aux sélections africaines. Nous sommes en colère.”
Même son de cloche pour Patrice Baumelle, sélectionneur de l’Angola :
Patrice Baumelle, le sélectionneur national de l’Angola. (Photo d’archive)
“Je trouve ça vraiment navrant… La préparation sera juste du bricolage, et c’est dramatique.”
Les critiques convergent : cette décision compromet la qualité du tournoi et la cohésion des équipes, alors que la CAN est l’événement sportif le plus suivi du continent.
Le poids de l’Europe dans l’équation
Dans sa circulaire, la FIFA justifie ce revirement par la volonté d’éviter les conflits avec les clubs européens et d’harmoniser les calendriers avec l’UEFA Champions League et l’Europa League. La CAF avait déjà déplacé la compétition en décembre pour “éviter les conflits de calendrier”, mais il apparaît désormais que cela n’a pas suffi.
La FIFA parle d’un “esprit de solidarité”. Mais pour de nombreux observateurs, cette solidarité semble aller à sens unique.
Une Afrique une fois encore reléguée au second plan ?
Cette réduction de sept jours de la mise à disposition obligatoire constitue un coup dur pour les nations africaines qualifiées. Beaucoup y voient une preuve supplémentaire que le football africain continue d’être traité comme une variable d’ajustement dans les calendriers mondiaux.
Dr Patrice Motsepe, le Président de la CAF se retrouve dos au mur avec cette décision de la FIFA.
D’autant que la FIFA, dans sa lettre, invite simplement les clubs et les fédérations à “engager des discussions bilatérales” pour tenter de trouver des solutions. Un aveu que le problème risque d’être géré au cas par cas, sans garantie d’équité.
Un risque réel pour la qualité de la CAN 2025
Au-delà du débat institutionnel, une inquiétude plane : ➡️ la compétition sera-t-elle dénaturée ? Sans une véritable préparation, les risques de blessures augmentent, la cohésion tactique recule et la performance globale des équipes s’en ressent.
Alors que la CAN 2025 s’annonce comme l’une des plus relevées de l’histoire, la décision de la FIFA fait peser un doute sur l’équité sportive et sur le respect dû aux nations africaines.