Le Grand Stade de Marrakech s’apprête à accueillir, ce mercredi 31 décembre à 19h GMT, un duel aux enjeux diamétralement opposés. D’un côté, un Gabon déjà éliminé mais profondément touché dans son orgueil. De l’autre, une Côte d’Ivoire championne d’Afrique en titre, déjà qualifiée mais déterminée à terminer en tête du groupe F.
À la veille de ce dernier match de poule, les conférences de presse des deux sélections ont mis en lumière deux états d’esprit contrastés, mais une même volonté : ne rien lâcher.
Gabon : jouer pour l’honneur, malgré la douleur
Face aux médias, le sélectionneur gabonais Thierry Mouyouma n’a pas cherché à masquer sa détresse. Les mots sont lourds, chargés d’émotion.

« Nous avons honte de nous… c’est une bataille demain, même si la guerre est perdue. »
Éliminées après deux défaites, les Panthères du Gabon abordent cette rencontre sans enjeu comptable, mais avec un impératif moral : sauver l’honneur. Mouyouma parle d’un groupe meurtri, conscient de ses limites, mais qui doit apprendre à se relever.
« Il faut qu’on ait la capacité de nous reconstruire, et ça passe par le match contre la Côte d’Ivoire. »
Même son de cloche chez Johann Obiang. Le capitaine adjoint évoque une profonde déception collective, notamment après le match contre le Cameroun, vécu comme un immense gâchis.
« Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration. Il faut relever la tête et montrer un meilleur visage. »
Comme si le contexte n’était pas déjà assez cruel, le Gabon devra en plus faire sans son leader offensif, Pierre-Emerick Aubameyang. Touché à la cuisse gauche, l’attaquant vedette est officiellement forfait et a été libéré pour rejoindre son club. Une absence symbolique, qui enlève au Gabon son principal atout offensif.
Côte d’Ivoire : qualifiée, mais toujours affamée
En face, le discours est plus posé, mais tout aussi déterminé. Déjà qualifiée pour les huitièmes de finale, la Côte d’Ivoire refuse toute forme de relâchement.
Emerse Faé l’a martelé sans ambiguïté :

Crédit: FIF
« Être qualifiés ne change rien à notre ambition. Nous voulons gagner et finir premiers. »
L’objectif est double : conserver la première place du groupe et rester à Marrakech, un avantage logistique et sportif assumé par le staff ivoirien.
Sur le plan de l’effectif, une seule ombre au tableau : le forfait de Vakoun Bayo, touché au genou. Pour le reste, 24 joueurs sont opérationnels, et la concurrence reste vive.
« L’équipe doit avancer avec ceux qui sont là », insiste Faé, fidèle à sa philosophie collective.
Oumar Diakité : la frustration comme moteur
Aux côtés du sélectionneur, Oumar Diakité a livré un témoignage fort, presque intime. Peu utilisé jusque-là, l’attaquant n’a pas caché sa frustration, tout en la transformant en source de motivation.

Crédit: FIF
« Je suis frustré, comme d’autres joueurs. On veut briller, on veut faire une belle prestation. »
Loin de toute complaisance, Diakité rappelle que ce match ne sera pas une formalité.
« On ne joue pas contre le dernier. On joue contre une équipe qui nous a déjà posé des problèmes. »
Un message clair : gare au relâchement face à un adversaire blessé mais dangereux.
Un dernier match piégeux
Déjà qualifiés, les Éléphants savent que ce type de rencontre est souvent le plus délicat. Un Gabon libéré de toute pression, privé d’Aubameyang mais animé par la fierté, pourrait jouer sans complexe.
La Côte d’Ivoire, elle, avance avec ses certitudes : une solidité défensive affirmée, un Amad Diallo décisif, et un groupe qui semble monter en puissance.
Mais dans cette CAN imprévisible, un mot d’ordre domine : vigilance.
BENSON ISRAEL, Envoyé Spécial à Marrakech





























































