Vingt-quatre heures après le choc électrique entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun (1-1), le groupe F de la CAN Maroc 2025 continue de livrer ses vérités… et ses zones d’ombre. Si les Éléphants ont répondu présents dans le combat, les certitudes restent encore à consolider dans une poule plus ouverte que jamais.
Emerse Faé : lucidité, ambition et sang-froid

Crédit: FIF
Face aux médias, Emerse Faé a livré une lecture calme et sans faux-semblants du duel face aux Lions Indomptables.
« Nous avons affronté une très bonne équipe du Cameroun, solide et bien organisée », a reconnu le sélectionneur ivoirien, tout en estimant le match nul logique.
Le technicien des Éléphants a néanmoins pointé le tournant du match : l’égalisation concédée trop rapidement après l’ouverture du score d’Amad Diallo.
« À ce niveau, le manque de calme et de malice se paie immédiatement », a-t-il admis.

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Faé assume aussi ses choix, notamment celui d’aligner Bayo Vakoun en pointe :
« Je voulais un neuf de métier capable de presser et d’occuper la surface. »
Malgré l’inefficacité offensive persistante, le sélectionneur appelle à la patience, convaincu que la dynamique est bonne :
« L’essentiel est de se créer des occasions. Le reste viendra. »
Enfin, fidèle à sa ligne de conduite, Emerse Faé affiche clairement l’objectif :
👉 terminer premier du groupe F, tout en refusant le costume de favori.
David Pagou : un respect assumé… et un avertissement
Côté camerounais, le sélectionneur David Pagou n’a pas caché son admiration pour l’équipe ivoirienne.

« La Côte d’Ivoire est une équipe mature, complète, championne d’Afrique. Elle est bien partie pour gagner ce trophée », a-t-il affirmé.
Satisfait du point pris, Pagou estime toutefois que le Cameroun avait les moyens de faire mieux, saluant la résistance de ses jeunes joueurs face à l’armada ivoirienne.
L’analyse tactique de Mohamadou Sangaré : un groupe F sous haute tension

Journaliste-consultant ivoirien reconnu pour la finesse de ses lectures tactiques, Mohamadou Sangaré livre une analyse sans concession.
Mozambique, le trouble-fête inattendu
La victoire mozambicaine face au Gabon (3-2) a totalement rebattu les cartes.
Sangaré souligne l’intelligence tactique d’un Mozambique qui a su abandonner ses « sorties basses stériles » pour alterner jeu direct, transitions rapides et profondeur, gagnant ainsi en impact athlétique.
👉 Résultat : le Gabon est déjà au bord de l’élimination, et le Mozambique devient l’arbitre du groupe F.
Côte d’Ivoire–Cameroun : le combat avant tout
Selon Sangaré, la Côte d’Ivoire a tenu tête au défi physique camerounais pendant plus de 50 minutes, grâce à l’expérience de son milieu de terrain. Mais après le but d’Amad Diallo (51e), la fatigue et la gestion émotionnelle ont pesé lourd.
Les remplacements n’ont pas permis de stabiliser l’équipe, entraînant des pertes de balle et une inefficacité chronique dans les 30 derniers mètres.
👉 Un constat clair : les Éléphants progressent, mais leur marge reste fragile.
Les clés avant la dernière journée
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Côte d’Ivoire – Gabon : un match piège. Les Panthères joueront leur va-tout, entre honneur et espoir fou de meilleur troisième.
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Cameroun – Mozambique : loin d’être une formalité. Le Mozambique joue sans complexe et peut créer la surprise.

Verdict provisoire
Le groupe F n’a rien d’un long fleuve tranquille. Si la Côte d’Ivoire affiche une solidité mentale et un leadership assumé, l’efficacité offensive et la gestion des temps faibles seront décisives pour éviter toute mauvaise surprise.
Comme le résume Mohamadou Sangaré :
« Attention aux grandes certitudes quand la valeur collective reste à consolider. »
La CAN, elle, ne pardonne jamais l’excès de confiance.
BENSON ISRAEL, Envoyé Spécial à Marrakech





























































