À la veille de l’affiche phare de la deuxième journée du groupe F, la salle de conférence du Grand Stade de Marrakech a donné le ton. Entre messages forts, hommage appuyé et petites phrases lourdes de sens, les conférences de presse des Éléphants et des Lions Indomptables ont confirmé une chose : le choc Côte d’Ivoire – Cameroun dépasse largement le cadre d’un simple match de poule.
Faé : lucidité, fermeté et zéro complexe

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Face aux médias, le sélectionneur ivoirien Émerse Faé a d’abord rappelé l’essence même de cette affiche mythique :
« Un match Côte d’Ivoire–Cameroun remet toujours les compteurs à zéro. »
Conscient des insuffisances offensives observées face au Mozambique, le technicien ivoirien a insisté sur la nécessité d’être plus tranchant et plus efficace, tout en soulignant la solidité mentale de son groupe.
« Le groupe est concentré et uni. Ce match est très important pour le peuple ivoirien. »
Faé n’a pas éludé la déclaration du sélectionneur camerounais invitant ses joueurs à « ne pas respecter » la Côte d’Ivoire. Une phrase qu’il a recadrée avec intelligence :
« Il ne s’agit pas de manque de respect au sens propre. Il veut que son équipe joue sans complexe. Nous non plus, on ne les respectera pas… dans le bon sens du terme. »
Un message clair : pas de complexe, pas de statut à défendre, mais une qualification à aller chercher. Une victoire qualifierait d’ailleurs automatiquement la Côte d’Ivoire pour les huitièmes de finale.
Guéla Doué : une finale, une émotion, un hommage

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Aux côtés de son sélectionneur, Guéla Doué a livré l’intervention la plus chargée en émotion. Encore sous le choc de l’annonce du décès de Jean-Louis Gasset, ancien sélectionneur des Éléphants, le défenseur ivoirien a révélé une motivation supplémentaire :
« Demain, on veut gagner pour notre ancien sélectionneur décédé. C’est une motivation en plus. »
Lucide sur l’enjeu, Doué a qualifié la rencontre de « véritable finale », tout en assumant pleinement son choix de carrière internationale :
« J’ai choisi la Côte d’Ivoire depuis tout petit. »
Une déclaration qui résonne fort à l’heure où les choix de nationalité sont souvent scrutés.
Pagou et Mbeumo : sérénité et défi assumé
Côté camerounais, le sélectionneur David Pagou s’est présenté avec un discours mesuré mais ambitieux.

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« La Côte d’Ivoire est favorite. Mais chaque match a sa vérité. »
Là encore, la fameuse phrase sur le « non-respect » a été assumée : il s’agit de jouer sans peur, de challenger les champions d’Afrique, malgré des statistiques défavorables.
Bryan Mbeumo, très attendu dans ce duel indirect avec Amad Diallo, a calmé toute tentative de dramatisation :
« Il n’y a pas de rivalité personnelle. On joue pour nos pays. Que le meilleur gagne. »
Un choc aux multiples lectures
Au-delà du terrain, ce Côte d’Ivoire – Cameroun est chargé de symboles : rivalité historique, pression populaire, enjeu de qualification et désormais, dimension émotionnelle pour les Éléphants.
Dimanche soir à Marrakech, le respect restera au vestiaire.
Seuls compteront le caractère, l’efficacité… et la vérité du terrain.
BENSON ISRAEL, Envoyé Spécial à Marrakech



























































