Une candidature désormais assumée
Le paysage électoral du football ivoirien s’éclaircit. Ce jeudi 12 février, au Centre Ivoiro-Coréen Alassane Ouattara (CSTICAO) d’Adjamé, Souleymane Cissé, président du Racing Club d’Abidjan (RCA), a officiellement annoncé sa candidature à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF).
Face à une assistance composée de nombreux médias nationaux, le dirigeant du club de Ligue 1 a levé le voile sur une ambition longtemps murmurée dans les coulisses du football local. Une annonce forte, dans un contexte particulier marqué par le report des élections fédérales, initialement prévues à quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026.
Ce report, acté lors de la dernière Assemblée Générale de la FIF avant la CAN Maroc 2025, visait officiellement à préserver la sérénité autour de l’équipe nationale. Une décision validée statutairement, mais contestée par une frange des acteurs du football ivoirien.
Un scrutin qui s’annonce très disputé

(Photo d’archive)
Avant Souleymane Cissé, André Zoro Marc, ex-international ivoirien et président de l’Union des Footballeurs Professionnels de Côte d’Ivoire (UFPCI), avait déjà annoncé son intention de briguer le fauteuil fédéral. Les deux hommes auront donc pour adversaire commun le président sortant, Yacine Idriss Diallo, candidat à sa propre succession.
Une configuration inédite : le porte-parole de la CRFFI (Souleymane Cissé) et le président de l’UFPCI (Zoro Marc), deux figures issues d’un même mouvement de réflexion, désormais candidats face au pouvoir en place.
Retour aux origines : la CRFFI, matrice d’un projet

Pour comprendre la candidature de Souleymane Cissé, il faut remonter au lundi 28 juillet 2025, date de la conférence de presse fondatrice de la Cellule de Réflexion sur le Futur du Football Ivoirien (CRFFI).
À travers cette initiative, Cissé et ses soutiens affirmaient vouloir :
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dresser un état des lieux rigoureux du football ivoirien,
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identifier les blocages structurels,
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produire un Livre Blanc,
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proposer des réformes réalistes à court, moyen et long terme.
La CRFFI se voulait inclusive, fédérant clubs, ligues, arbitres, supporters, collectivités, sponsors et diaspora autour d’une vision collective. Un travail de fond qui apparaît aujourd’hui comme le socle idéologique de la candidature de Cissé.
Un dirigeant de terrain, un projet concret

Souleymane Cissé ne se présente pas en novice. À la tête du Racing Club d’Abidjan, il affiche un bilan qui parle pour lui.
Lors de l’Assemblée Générale 2025 du club, tenue le 13 août à Yopougon, le RCA a mis en avant :
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une remontée sportive spectaculaire,
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la promotion de 7 académiciens dans l’équipe première,
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9 joueurs sélectionnés en équipes nationales jeunes,
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5 transferts vers l’Europe,
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deux finales consécutives en Coupe Nationale.
Sur le plan structurel, le club s’est doté d’un centre d’entraînement moderne de 15 hectares, situé sur l’Autoroute du Nord (PK 52), conçu comme un véritable incubateur de talents, capable à terme d’accueillir plus de 500 jeunes.
Un modèle que Cissé entend transposer à l’échelle nationale.
Un football local en souffrance malgré les succès internationaux
Si les résultats des sélections nationales – notamment le sacre à la CAN 2023 – servent souvent de vitrine, le football local reste confronté à de nombreux maux :
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stades désertés,
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précarité salariale des joueurs,
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manque de visibilité des championnats,
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absence de compétitions de jeunes depuis plus de deux décennies,
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professionnalisation inachevée.
La récente élimination des Éléphants en quart de finale de la CAN 2025 face à l’Égypte est venue rappeler les limites d’un système trop dépendant de l’exceptionnel plutôt que du structurel.
Une ambition affichée, un slogan fédérateur

Dans son allocution, Souleymane Cissé a planté le décor :
« Je suis candidat pour apporter une vision nouvelle. Nos anciens dirigeants ont fait leur part. Nous devons maintenant élever le niveau. Le football ivoirien souffre de trop de problèmes. Nous allons apporter des solutions en professionnalisant notre football. »
Son slogan résume l’esprit de sa démarche :
« Jouons collectif, bâtissons ensemble ».
Une bataille décisive pour l’avenir
Plus qu’une élection, le scrutin à venir s’annonce comme un référendum sur le modèle de gouvernance du football ivoirien. Continuité ou rupture, gestion des résultats ou réforme en profondeur : les prochains mois seront déterminants.
Une chose est sûre : le jeu est désormais ouvert.
BENSON ISRAEL


























































