À quelques semaines de la fin de la saison et alors que le mandat du Comité Exécutif de la Fédération Ivoirienne de Football touche progressivement à son terme, la FIF a officiellement installé, le jeudi 7 mai 2026, son tout nouveau Tribunal du Football. Une réforme présentée comme historique… mais qui suscite déjà de nombreuses interrogations dans le paysage sportif ivoirien.

Crédit: FIF
Présidée par Mme VONAN BI THANY LOU TANAN ESTHER, magistrate hors hiérarchie, cette nouvelle juridiction spécialisée aura pour mission de régler les litiges contractuels liés à l’écosystème du football ivoirien : différends entre clubs et joueurs, conflits avec les agents, contentieux impliquant des officiels ou encore dossiers liés aux transferts et licences.

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Une avancée saluée par plusieurs acteurs du football, qui y voient enfin la naissance d’une justice sportive locale capable de réduire les recours systématiques au Tribunal Arbitral du Sport (TAS), souvent coûteux et longs.
Mais derrière cette réforme se cache également une forte dimension politique et stratégique.
Pourquoi installer un Tribunal du Football maintenant, alors que le mandat du président Yacine Idriss Diallo arrive pratiquement à son terme ? Pourquoi cette réforme n’a-t-elle pas vu le jour plus tôt dans la mandature ?
Ces questions alimentent déjà les débats dans les coulisses du football ivoirien, surtout dans un contexte où les discussions autour de la succession du président actuel deviennent de plus en plus intenses. Des rumeurs persistantes annoncent notamment une possible candidature du premier vice-président de la FIF, Malick Tohé, face à Yacine Idriss Diallo lors des prochaines élections fédérales prévues après la Coupe du Monde 2026.
Pour plusieurs observateurs, cette nouvelle juridiction apparaît comme l’un des derniers grands chantiers institutionnels du mandat actuel. Depuis son arrivée à la tête de la FIF en 2022, Yacine Idriss Diallo a engagé une vaste série de réformes : révision des statuts, du code disciplinaire, du code électoral, nouveaux règlements sur les transferts, les licences et les agents de joueurs.
Le Tribunal du Football viendrait ainsi compléter ce vaste dispositif de modernisation de la gouvernance du football ivoirien.
Lors de la cérémonie d’installation, le président de la Commission des Questions Juridiques, Dirabou Erickson, a expliqué que cette juridiction reposera sur une organisation paritaire entre joueurs et clubs. Douze représentants siègeront comme assesseurs, issus de la Ligue 1, Ligue 2, Division 3 et du football féminin.
Dans son allocution, Yacine Idriss Diallo a insisté sur la volonté de bâtir une justice sportive crédible et adaptée aux réalités du football ivoirien.

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« Nous avons voulu faire de cette juridiction un organe véritablement dédié au football, dans lequel siègent, aux côtés des acteurs du football, des juristes professionnels et des praticiens du droit », a-t-il déclaré.
Le président de la FIF estime que cette réforme constitue une avancée historique pour renforcer la gouvernance, l’équité et la crédibilité des compétitions nationales.
Toutefois, certains acteurs restent prudents et attendent désormais de voir si cette juridiction sera réellement indépendante et efficace dans le traitement des futurs dossiers sensibles du football ivoirien.
Car au-delà des discours institutionnels, le véritable test commencera lorsque le Tribunal devra trancher des affaires impliquant de grands clubs, des dirigeants influents ou des conflits électoraux.
Une chose est sûre : à quelques mois d’une future bataille pour la présidence de la FIF, l’installation du Tribunal du Football ne passe pas inaperçue.
ROMEO ELAHIEL





























































