L’après-Coupe du Monde 2026 est déjà lancé.
Face à la presse ce mercredi à Johannesburg (Afrique du Sud), le président de la Confédération Africaine de Football (CAF), Dr Patrice Motsepe, a dressé un bilan particulièrement positif des performances africaines au Mondial avant de dévoiler plusieurs mesures qui devraient profondément transformer le football continental dans les prochaines années.
Entre satisfaction, ambitions et réformes majeures, cette sortie médiatique n’a toutefois pas tardé à alimenter les débats dans plusieurs pays africains.
Un Mondial historique pour l’Afrique

Crédit: FIF
Le patron de la CAF n’a pas caché sa fierté.
Pour la première fois de son histoire, 9 des 10 représentants africains se sont qualifiés pour les seizièmes de finale d’une Coupe du Monde.
L’Algérie, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana, le Maroc, la RD Congo, le Sénégal et l’Afrique du Sud ont permis au continent d’afficher un impressionnant taux de qualification de 90 %, contre seulement 40 % lors des éditions 2022 et 2014, et aucune qualification en 2018.
Autre statistique révélatrice : si l’Afrique ne représentait que 20,8 % des équipes engagées, elle comptait 28,1 % des qualifiés pour la phase à élimination directe, un rendement salué par Patrice Motsepe comme la preuve des progrès du football africain.
Le président de la CAF a également mis en avant le Maroc, devenu la première nation africaine à atteindre les quarts de finale lors de deux Coupes du Monde consécutives.
Une conférence continentale pour préparer le Mondial 2030
Au-delà du satisfecit, Patrice Motsepe souhaite déjà préparer l’avenir.
La CAF organisera prochainement une grande conférence technique réunissant sélectionneurs, directeurs techniques, anciens internationaux et experts afin d’analyser en profondeur les performances africaines au Mondial 2026.
L’objectif est clair : identifier les points forts, corriger les insuffisances et bâtir une stratégie capable de conduire, un jour, une sélection africaine jusqu’au sacre mondial.

Crédit: CAF
« Notre conviction reste inébranlable : une nation africaine sera un jour championne du monde », a affirmé le président de la CAF.
Formation, football scolaire et infrastructures : la nouvelle priorité
Le dirigeant sud-africain a également annoncé un renforcement des investissements dans plusieurs secteurs stratégiques.
La CAF entend accentuer le développement :
- du football des jeunes (filles et garçons) ;
- des ligues professionnelles ;
- de la formation des entraîneurs et cadres techniques dans les six zones de la CAF ;
- du Championnat Africain de Football Scolaire, désormais présenté comme un pilier du développement continental.
L’instance souhaite également renforcer les partenariats avec les gouvernements et le secteur privé afin de moderniser les infrastructures.
L’ambition est que chacun des 54 pays membres dispose d’au moins un stade homologué CAF/FIFA, permettant aux sélections nationales et aux clubs de recevoir leurs adversaires devant leur public.
Une CAN en pleine mutation
Parmi les annonces qui retiennent le plus l’attention figure l’élargissement de la Coupe d’Afrique des Nations.
La CAN 2027, organisée conjointement par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, accueillera 28 équipes contre 24 auparavant.
Une réforme majeure dont les modalités exactes restent encore à préciser.
Dans le même temps, la CAF a confirmé l’ouverture des appels à candidatures pour les éditions 2028, 2032 et 2036, tout en lançant un vaste appel d’offres international destiné à renforcer la valeur commerciale de la compétition.
Le football féminin poursuit sa révolution
Autre annonce forte : la CAF poursuit sa politique de revalorisation du football féminin.
Le vainqueur de la prochaine CAN féminine empochera désormais 2 millions de dollars, soit une augmentation de 100 %.
Depuis l’arrivée de Patrice Motsepe à la tête de la CAF, la prime du champion est passée de 200 000 à 2 millions de dollars, tandis que l’enveloppe globale des récompenses a été multipliée par près de six.
Des annonces qui divisent déjà
Si plusieurs observateurs saluent une vision ambitieuse et les investissements consentis dans les infrastructures, la formation et le football féminin, certaines annonces continuent de faire débat.
L’élargissement annoncé de la CAN à 28 équipes suscite notamment des interrogations sur son format et sur la durée réelle de la compétition, la CAF n’ayant pas encore présenté officiellement son nouveau modèle.
Par ailleurs, le soutien réaffirmé par Patrice Motsepe au président de la FIFA, Gianni Infantino, continue d’alimenter les discussions dans plusieurs pays africains. Certains y voient une continuité dans les relations entre la CAF et la FIFA, tandis que d’autres estiment que cette prise de position intervient dans un contexte où plusieurs décisions prises durant la Coupe du Monde 2026 ont suscité des critiques.
Une chose est certaine : le football africain entre dans une nouvelle phase de son développement. Entre ambitions affichées, investissements croissants et réformes structurelles, les prochains mois permettront de mesurer si cette feuille de route répondra aux attentes des acteurs du football africain.
BENSON ISRAEL



























































