De challenger annoncé à allié du président sortant : le spectaculaire retournement de situation qui bouleverse l’élection du 12 septembre

La bataille que tout le monde annonçait n’aura finalement pas lieu. Alors que le football ivoirien s’attendait à voir Malick Tohé officialiser sa candidature à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), le scénario a pris une tournure pour le moins inattendue.

Le premier vice-président de la FIF ne sera finalement pas candidat.

Et mieux encore : le lundi 10 août, dernier jour du dépôt des candidatures, Malick Tohé a accompagné Yacine Idriss Diallo au siège de la FIF pour le dépôt du dossier de candidature du président sortant.

Une image forte. Et forcément, une image qui interroge.

La candidature que tout le monde attendait ne viendra jamais

Malick Tohe a choisi de privilégier sa relation avec le Président Idriss Diallo.

 

Depuis plusieurs semaines, tous les signaux semblaient converger vers une candidature de Malick Tohé.

Le président du CO Korhogo avait progressivement changé de posture, soigné sa communication et multiplié les apparitions qui avaient alimenté les spéculations.

Sans jamais annoncer officiellement sa candidature, il avait suffisamment occupé l’espace pour laisser penser qu’un duel avec son président était devenu inévitable.

Tohé contre Diallo : la bataille présidentielle de la FIF semblait écrite.

Mais à quelques jours de la clôture du dépôt des candidatures, changement de décor.

Plus d’annonce.

Plus de déclaration.

Plus de candidature.

À la place, des informations faisant état d’une médiation menée au plus haut niveau de l’État par plusieurs ministres afin de rapprocher les deux camps.

Une médiation dont plusieurs sources ont confirmé l’existence, sans qu’un accord officiel détaillé ne soit rendu public.

De la confrontation… au consensus ?

Selon les informations qui ont filtré de cette médiation, l’hypothèse d’un compromis aurait progressivement pris forme.

Les deux hommes pourraient notamment se partager la représentation au sein du futur Bureau exécutif de la FIF. Certaines responsabilités stratégiques pourraient également revenir à des proches de Malick Tohé.

La présidence de la Ligue Professionnelle pourrait notamment être confiée à l’un de ses hommes.

Si ces informations venaient à être confirmées, il s’agirait alors d’un véritable accord politique et sportif destiné à préserver l’unité au sommet du football ivoirien.

Et c’est précisément là que le scénario devient fascinant.

Et si tout avait été savamment orchestré ?

Pendant combien de temps encore va durer cette complicité entre ces deux mastodontes du football ivoirien.
Crédit: FIF

C’est LA question qui circule désormais dans les milieux du football ivoirien.

Malick Tohé voulait-il réellement prendre la tête de la FIF ?

Ou sa montée en puissance constituait-elle une manière de faire émerger un rapport de force suffisamment important pour obtenir, au terme des discussions, un nouvel équilibre au sein de la gouvernance fédérale ?

Attention : rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que tout était planifié depuis le départ.

Mais les faits nourrissent forcément les interrogations.

Un homme présenté pendant plusieurs semaines comme le principal challenger du président sortant ne dépose finalement aucun dossier.

Il ne fait pas de déclaration de retrait fracassante.

Il ne s’oppose pas publiquement à son président.

Il marche finalement à ses côtés pour déposer sa candidature.

Difficile de trouver meilleur symbole du retournement de situation.

Idriss Diallo désormais seul en piste

Le résultat est spectaculaire.

Alors que l’élection du 12 septembre devait être l’occasion d’une véritable confrontation, Yacine Idriss Diallo se retrouve désormais seul candidat à sa propre succession.

Les autres noms annoncés ou pressentis ne sont plus là.

L’ancien international Zorro Marc-André, un temps cité parmi les possibles candidats, n’a finalement pas concrétisé sa démarche.

Même situation pour Souleymane Cissé, président du Racing Club d’Abidjan, qui avait pourtant organisé une conférence de presse pour annoncer son intention de briguer la présidence de la FIF.

Au terme du processus de dépôt, le duel tant attendu n’aura donc pas lieu.

Une déception pour ceux qui réclamaient l’alternance

Cette situation laisse évidemment un goût amer chez tous ceux qui espéraient voir émerger une véritable opposition à l’équipe sortante.

Pour une partie du football ivoirien, l’élection devait permettre de confronter les bilans, les projets et les visions.

Elle risque finalement de prendre une tout autre dimension.

Il ne s’agira plus vraiment de savoir qui va gagner, mais plutôt de mesurer le niveau d’adhésion dont bénéficiera le président sortant lors du scrutin.

Car être seul candidat ne signifie pas nécessairement bénéficier d’un blanc-seing.

Une nouvelle configuration pour le football ivoirien

Dans son message publié après le dépôt de sa candidature, Yacine Idriss Diallo a d’ailleurs choisi le registre du rassemblement.

Il évoque une candidature « dans la continuité du travail » engagé et insiste sur la nécessité de « servir » et de « consolider les acquis ».

Un discours qui prend une résonance particulière après le rapprochement avec son premier vice-président.

Le président sortant semble désormais vouloir transformer une élection qui s’annonçait conflictuelle en démonstration d’unité.

Reste à savoir ce que réserve l’après-12 septembre.

Car si le consensus est aujourd’hui affiché, les équilibres internes issus de cette médiation pourraient profondément modifier la gouvernance de la FIF.

Et surtout, une question demeure :

Malick Tohé a-t-il renoncé à la présidence… ou simplement choisi de reporter son ambition ?

L’histoire, elle, ne fait peut-être que commencer.

ROMEO ELAHIEL

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